Les chiens de race sont-ils plus malades ?

Les chiens de race sont-ils plus malades ?

Je n’ai jamais adoptĂ© autre chose que des « croisĂ©s-poubelle ». D’abord, parce qu’on est sĂ»r d’avoir un chien original – il n’y en a pas deux comme ma PĂ©nĂ©lope !

Ensuite, parce que la popularitĂ© des chiens de race m’a un peu dĂ©sabusĂ©. En refuge, un labrador a beaucoup plus de chance de se faire adopter qu’un mĂ©lange d’on ne sait quoi. Est-ce Ă  cause du prestige de la race ? Parce que les gens pensent (Ă  tort), qu’avec telle ou telle race de chien, ils obtiendront le caractĂšre rĂȘvĂ© pour leur animal ? Qui sait.

La troisiùme raison de mon choix fait l’objet de ma lettre aujourd’hui.

C’est presque unanime chez les propriĂ©taires de chiens : les « bĂątards » ont gĂ©nĂ©ralement une meilleure santĂ©.

Fausse croyance ou fait scientifique ?

Les chiens de race ont-ils, oui ou non, un faible patrimoine génétique ?

Pour ĂȘtre en bonne santĂ©, un chien a besoin d’un large patrimoine gĂ©nĂ©tique. Mais qu’est-ce que cela veut dire au juste ?

Prenons l’exemple d’une race peu populaire : le chien d’eau portugais.

Tous les chiens de cette race, relativement rĂ©cente, sont issus de 6 ancĂȘtres, qui forment environ 80% du patrimoine gĂ©nĂ©tique de cette race.

6 ancĂȘtres, c’est peu. Cela ne permet que trĂšs peu de variations gĂ©nĂ©tiques. Au fil des gĂ©nĂ©rations, les chiens ont Ă©tĂ© susceptibles de se reproduire entre cousins Ă©loignĂ©s
 Et c’est ainsi qu’à force de consanguinitĂ©, se dĂ©veloppent les tares gĂ©nĂ©tiques.

Mais qu’en est-il du Berger Allemand ? Du Golden Retriever ? Du caniche ? De toutes ces races trĂšs rependues, qui existent depuis des gĂ©nĂ©rations ?

La consanguinité entre chiens est une affaire lucrative.

En rĂ©alitĂ©, tout dĂ©pend de l’élevage d’oĂč provient le chien.

Une minoritĂ© de chiens de race viennent d’élevage consciencieux. Ces derniers prennent soin de varier au maximum le patrimoine gĂ©nĂ©tique de leur cheptel. Par exemple, ils sont prĂȘts Ă  aller dans un autre pays pour trouver le papa de leur future portĂ©e. Ainsi, ils s’assurent que le chien reproducteur n’est pas un cousin Ă©loignĂ©. On Ă©vite la consanguinitĂ©, et on donne aux chiots une chance d’ĂȘtre en excellente santĂ©, toute leur vie.

HĂ©las, la majoritĂ© des chiens de race ne bĂ©nĂ©ficient pas d’un tel patrimoine gĂ©nĂ©tique.

Dans les Ă©levages intensifs, il est bien plus rentable de faire reproduire toujours le mĂȘme mĂąle, avec quelques femelles. Certaines qui ont un lien de consanguinitĂ© trĂšs proche avec leur reproducteur. Par exemple, il n’est pas rare de laisser un pĂšre s’accoupler avec sa progĂ©niture
 gĂ©nĂ©rant ainsi de graves tares gĂ©nĂ©tiques.

Mais peu importe ! Du moment qu’on obtient un carlin avec un museau trĂšs Ă©crasĂ© ; un Basset avec les paupiĂšres trĂšs tombantes ; ou un Shar-pei avec la peau trĂšs plissĂ©e, on est prĂȘt Ă  tout. Car aprĂšs tout, c’est ce que le consommateur recherche


Et c’est ainsi que certaines tares se sont dĂ©veloppĂ©es chez les chiens de race. Voici les plus communes.

Des Rottweilers dysplasiques et des Teckels paralysés

Une recherche menĂ©e par des chercheurs Ă  l’universitĂ© de California-Davis a Ă©tudiĂ© 24 maladies gĂ©nĂ©tiques rĂ©pandues chez le chien, de 1995 Ă  2010Âč. DiffĂ©rents cancers ; troubles cardiaques ; endocriniens ; orthopĂ©diques


Sur ces 24 maladies, 10 Ă©taient manifestement plus rĂ©pandues chez les chiens de race (indĂ©pendamment d’éventuels liens de consanguinitĂ©).

Celles qui étaient aussi communes chez les croisés que les chiens de race étaient, entre autres :

  • Tous les types de cancer (ce qui n’est pas surprenant, puisque 90% des cancers sont liĂ©s Ă  des causes environnementales)ÂČ ;
  • Certaines maladies cardiaques, comme la communication interventriculaire
  • La dysplasie des hanches (bien que souvent, cette maladie soit plus commune chez les croisements de grandes races, comme le croisĂ© labrador, Bouvier Bernois, Rottweiler
).

Mais 10 maladies sont effectivement plus présentes chez les chiens de race :

La stĂ©nose aortique, une maladie cardiaque trĂšs prĂ©sente chez le Terre-neuve, mais aussi le Berger Allemand, le Boxer, le Golden Retriever et le Rottweiler. Le Basset Hound, le Bull-terrier, le Bouledogue, le Corgi et le Dogue allemand ne sont pas non plus Ă  l’abriÂł.

Cette maladie est un rĂ©trĂ©cissement de l’aorte, un gros vaisseau qui part du cƓur, pour rĂ©partir le sang oxygĂ©nĂ© dans tout l’organisme. Chaque effort devient coĂ»teux pour le chien : il peut faire des syncopes, et les crises cardiaques sous forme d’une mort subite ne sont pas rares.

La cardiomyopathie dilatĂ©e est quand les cavitĂ©s cardiaques, et notamment les ventricules, sont dilatĂ©es. Le cƓur ne peut ainsi par assurer sa fonction de pompe, conduisant Ă  l’insuffisance cardiaque, et un risque de mort subite.

Il est particuliÚrement répandu chez les trÚs grandes races : le Berger Allemand, le Boxer, le Dogue de Bordeaux, le Caniche, le Golden Retriever, le Rottweiler, le Labrador, le Mastiff


L’hypothyroĂŻdie, quant Ă  elle, est particuliĂšrement rĂ©pandue chez le Beagle, le Caniche, le Chow-chow, le Doberman, le Golden Retriever, le PomĂ©ranien, le Setter irlandais, le Shar-pei, le Shetland, et le Teckel. Les symptĂŽmes sont trĂšs variables : un manque d’appĂ©tit avec pourtant une prise de poids ; fatigabilitĂ© ; intolĂ©rance au froid ; poil terne et clairsemé 

La dysplasie du coude, oĂč l’articulation mal emboĂźtĂ©e mĂšne Ă  des douleurs arthrosiques sĂ©vĂšres, est trĂšs rĂ©pandue chez le Labrador, Golden, Rottweiler, Bouvier Bernois, Berger Allemand, Saint Bernard, Mastiff, et le Basset Hound.

La dĂ©gĂ©nĂ©rescence des disques intervertĂ©braux, qui cause de fortes douleurs lombaires aux chiens, est extrĂȘmement rĂ©pandue chez le Teckel – sans grande surprise, puisque le standard des Ă©levages a voulu allonger son dos au maximum, au mĂ©pris de sa santĂ©. Pour les mĂȘmes raisons, le Corgi et le Basset sont particuliĂšrement touchĂ©s, mais aussi d’autres races, majoritairement de petite taille, comme le Beagle, le Bouledogue, le Shitzu, le Carlin, le Jack Russel, le Lhassa Apso, le Caniche toy, et le Cavalier King Charles.

Certaines races sont aussi plus sensibles aux allergies, et notamment aux dermatites, comme le Bouledogue français ou anglais, le Westie, le Bull-terrier, le Jack Russel, le Labrador, le Golden, et le Boxer.

Le retournement d’estomac, lui, touche particuliĂšrement le Saint Bernard, le Setter Irlandais, le chien de Saint-Hubert, le lĂ©vrier irlandais, et le Dogue allemand.

Les Caniches toy, les Terriers australiens à poil soyeux (trÚs proches du Yorkshire), les Terriers de Boston (trÚs proches du bouledogue) étaient trÚs sujets aux cataractes.

L’épilepsie, quant Ă  elle, touchait particuliĂšrement les Beagles, Épagneuls Papillon, et les Caniches.

Enfin, le Shunt du foie (une dĂ©rivation de la circulation sanguine d’oĂč rĂ©sulte un mĂ©lange des sangs artĂ©riels et veineux), touche particuliĂšrement le Bichon Maltais, le Yorkshire, et le Carlin.

Certaines races ont développé une mutation génétique, les rendant ultra-vulnérables à ces médicaments trÚs répandus :

Chez certaines races, et particuliÚrement le Border Collie et ses cousins (Berger Australien, Colley, Berger Blanc Suisse, et Berger des Shetland), il existe une mutation du gÚne MDR1.

Je prĂ©cise que cette liste est incomplĂšte, car tout chien croisĂ© issu de ces races, mĂȘme trĂšs Ă©loignĂ©, peut ĂȘtre porteur de la mutation. Il est donc probable que dans les annĂ©es Ă  venir, d'autres races soient ajoutĂ©es Ă  cette liste.

Cette mutation les rend particuliÚrement sensibles à certains médicaments, et notamment les traitements antiparasitaires.

Le gÚne MDR contrÎle une protéine, qui joue un rÎle crucial dans le cerveau : elle sépare la circulation sanguine du systÚme nerveux.

Lorsque le gĂšne mute, cette protĂ©ine ne fonctionne plus, voire est complĂštement absente. RĂ©sultat : le mĂ©dicament s’accumule au niveau du systĂšme nerveux.

Et je ne parle pas de n’importe quel mĂ©dicament : je fais rĂ©fĂ©rence Ă  notamment l’ivermectine, puissant insecticide utilisĂ© dans l’immense majoritĂ© des vermifuges chimiques.

Les consĂ©quences apparaissent 48 heures aprĂšs la prise du mĂ©dicament : perte de l’équilibre, tremblements, convulsion, coma, vomissements
 Pouvant aller jusqu’à la mort.

Un vĂ©tĂ©rinaire bien informĂ© proscrira donc les mĂ©dicaments contenant de l’ivermectine aux chiens issus de croisements types Colley.

Est-ce le cas du vĂŽtre ? Il y a 3 ans, le mien m’avait prescrit un tel vermifuge pour PĂ©nĂ©lope et Merlin. Pourtant, ils sont tous les deux Ă  moitiĂ© Border Colley. Mon vĂ©tĂ©rinaire a pris un risque Ă©norme, sans mĂȘme se poser la question. Merlin avait vomi, mais sans plus – j’ai eu de la chance.

Depuis, j’ai changĂ© de vĂ©tĂ©rinaire. Et pour mes trois chiens, je vermifuge avec une alternative naturelle.

C’est un super produit – quand je me suis mis au naturel, j’étais de prime Ă  bord un peu dubitatif sur l’efficacitĂ© de ces remĂšdes
 Et franchement j’ai Ă©tĂ© surpris ! Il y a 2 ans, j’avais oubliĂ© de vermifuger Maki (mea culpa !), et ses scelles Ă©taient infestĂ©es de vers. En quelques jours de cure, il n’en avait plus un seul.

L’idĂ©al, pour vermifuger son chien, est de le faire Ă  chaque changement de saison – et nous arrivons bientĂŽt en Ă©tĂ©. Je vous laisse donc dĂ©couvrir mon vermifuge – particuliĂšrement si votre chien est croisĂ© Border.

Mais revenons-en Ă  nous moutons :

Alors, chien croisé ou pure race ?

S’il faut conclure sur la sensibilitĂ© (ou non !) des chiens de race, retenons ces trois points.

Concernant les cancers, l’immense majoritĂ© est liĂ©e Ă  des causes environnementales. La race du chien aura donc un impact moindre comparĂ© Ă , par exemple, son alimentation ; ou son exposition aux toxines (comme les antiparasitaires chimiques).

Pour certaines races, et certaines maladies, le chien de race est effectivement plus solide. Le Yorkshire, le Labrador, le Rottweiler, le Basset sont quelques exemples.

Néanmoins, ces chiens ne sont pas tous condamnés.

Certains éleveurs font un gros travail de détection des gÚnes défectueux chez leurs chiens ; et refusent de faire reproduire un animal porteur. Ainsi, ils luttent contre ces maladies génétiques, de plus en plus répandues.

HĂ©las, tel n’est pas le cas des chiens reproduits pour des animaleries ; vendus aux salons de chiots ; ou bradĂ©s sur leboncoin.

Si vous ĂȘtes dĂ©terminĂ© Ă  adopter une race en particulier, c’est comprĂ©hensible. Mais retenez ceci : si vous adoptez en Ă©levage, attention Ă  la provenance. L’éleveur a-t-il fait les tests pour les maladies frĂ©quentes ? Que peut-il vous dire sur les parents ? Les grands-parents ?

Et encore mieux : faites rĂ©guliĂšrement un tour aux refuges, ou dans les associations de votre rĂ©gion. On y trouve de toutes les races ; vous sauvez ainsi un chien de l’abandon ; et vous ne sponsorisez pas la reproduction irrĂ©flĂ©chie et abusive de races « Ă  la mode ».

Pour ma part, je suis trÚs heureux de mes trois croisés-poubelle, tous recueillis !

  1. http://mercola.fileburst.com/PDF/HealthyPets/InheritedDisordersOfDogs.pdf
  2. https://www.morrisanimalfoundation.org/golden-retriever-lifetime-study
  3. https://www.fregis.com/infos-sante/stenose-aortique-chez-chien/

🐕 Chien de race ou croisĂ© ? Ce que j’ai appris en recueillant trois “croisĂ©s-poubelle”
J’ai toujours adoptĂ© des chiens sans pedigree.

Pas par provocation, mais parce que j’y vois trois gros avantages : leur originalitĂ©, leur manque de prĂ©tention
 et leur meilleure santĂ© gĂ©nĂ©rale. 

Dans cette lettre, je vous explique pourquoi certains chiens de race sont plus fragiles que leurs cousins croisĂ©s – et comment faire les bons choix pour adopter un chien en pleine forme.

Claude Lefevre đŸŸ

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